[Besançon] la préf’ envoie ses chiens chez deux anarchistes – solidarité face à leurs coups de pression !

Coups de pression et intimidations contre deux anarchistes du réseau de solidarité avec les sans-papiers à Besançon.

Le sale travail du secrétaire général de la préfecture du Doubs, Jean-Philippe Setbon, a été mis au grand jour à Besançon à travers la publication de deux articles : le premier, sous le titre « Besançon : un ragoût préfectoral particulièrement écœurant  », publié sur le blog du Libertaire Bisontin et l’autre intitulé « La charité : parfait alibi de la machine à expulser » qui comporte l’encart « Une pourriture nommé Setbon » publié dans le journal « Séditions » n°8 du mois de septembre 2016.

Jeudi 6 octobre en début de matinée, les flics ont débarqué aux domiciles de deux personnes, qui s’impliquent activement dans le réseau de solidarité avec les migrants à Besançon. Après avoir fouillé leurs appartements, embarqué ordinateurs, portables, brochures et journaux, les chiens zélés de la préf’ les ont placés en garde-à-vue pour « injures et diffamation par voie de presse » à l’encontre du responsable de la préfecture Jean-Philippe Setbon. A leurs sorties de GAV dans l’après-midi, les flics leur ont notifié qu’aucune poursuite judiciaire ne sera menée à leur encontre, mais ont toutefois annoncé continuer leur enquête pour retrouver le/les auteur/s du deuxième article publié dans « Séditions ».

Bien évidemment, nous ne discuterons pas des termes employés pour qualifier cette pièce maîtresse de la machine à expulser et à enfermer les migrants. Discuter de l’emploi de quelques mots, ce serait précisément cautionner la logique du pouvoir en reconnaissant ses lois. Rappelons juste que la « diffamation publique » correspond entre autre à rendre public des faits imputés à une personnalité visant à lui nuire, soit à « porter atteinte à l’honneur d’une personne physique et/ou morale ». Concernant le cas dont il est question ici, cela peut concerner autant le secrétaire général de la préfecture que l’institution d’État elle-même qu’il représente.

Il serait difficile, à travers cette opération d’intimidation, qui a été rendue possible grâce à l’élargissement des pouvoirs répressifs de la préfecture par la pérennisation de « l’état d’urgence » de ne pas y voir une volonté de briser la solidarité avec les migrants qui tente de se mettre en place à Besançon, hors de tout appareil co-gestionnaire et d’assistanat. De fait, l’État, par l’intermédiaire de la préf’, tente de marginaliser la frange la plus radicale du réseau de soutien aux sans-papiers, qui entend lutter contre les frontières, les États et les camps de rétention dans lesquels sont enfermés les migrants. Par ailleurs, il est évident que la préf’ ne supporte pas le fait que les rafles et les expulsions de sans-papiers ne puissent pas se passer sous silence (Rappelons que Setbon est en charge de la politique migratoire au sein de la direction de la préfecture du Doubs). Cet homme de main de la machine à expulser, qui ne se limite pas à obéir aux ordres mais assume et justifie entièrement les rafles et les déportations, s’était illustré par le passé de la même façon, notamment à Poitiers aux côtés de Tomasini, en harcelant les « no borders ». Setbon, comme tant d’autres, travaille chaque jour à rendre un quotidien invivable à celles et ceux qui se retrouvent sur les routes de l’exil, en quête d’un endroit plus sûr… Son gagne-pain, c’est la misère de milliers de personnes. Son monde, c’est celui des charters, des camps, des centaines d’uniforme qui contrôlent dans les gares et les aéroports, des barbelés, des check-point… Nos perspectives sont celles d’une vie débarrassée de l’autorité, des papiers qui te donnent un laisser-passer mais nous attachent toutes et tous à une pseudo-identité, à un quelconque État que nous n’avons pas choisi.

Comme affirmait un tag sur les murs de la mairie à la fin du mois d’août à Besançon : « Qui expulse récolte notre rage ! ». Continuons à harceler les expulseurs !
Amplifions la lutte contre la machine à expulser et ses rouages !

Des anarchistes solidaires, de Besançon et de ses environs.

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[Publié sur Indymedia Lille, le 10 octobre 2016]

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[Besançon] La solidarité, c’est l’attaque !

Dans la nuit du 19 au 20 septembre à Besançon, la chambre du commerce et de l’industrie a été attaquée.

Plus d’une dizaine de vitres ont été brisées et des inscriptions ont été tracées à la bombe de peinture rouge sur la façade. L’une d’elles disait « Ni capital ni Etat ».

La répression qui a sévi partout en France contre les révoltés lors de la journée du 15 septembre nous a clairement poussé à agir.

Cette attaque est un signe de solidarité avec tou-te-s les rebelles du mouvement contre la loi travail.

Ni loi, ni travail !

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[Publié sur Indymedia Nantes le 20 septembre 2016]

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[Toulouse] C’est la rentrée de la lutte des casses !

Mercredi soir [le 14 septembre] on avait envie d’attaquer, à pas nombreuses et avec nos petits moyens, la loi, le travail et le patronat, en soutien à la manif du lendemain et aussi en soutien à nous mêmes, exploité-e-s et énervé-e-s.

Le siège du Medef 31, près du pont du stadium, a été un peu abîmé à coup de masses, un petit cadeau dédicacé par l’inscription « Médefenestration ! » sur la facade du bâtiment.

En bons artistes-peintres adeptes du monochrome, nous avons également abondamment peinturluré les vitrines de deux agences d’intérim sur les allées François Verdier, en remerciement de leur volonté de réduire notre quotidien à une course frénétique pour notre survie. C’était également l’occasion d’un petit clin d’oeil à la manif partant non loin de là.

Solidarité avec les personnes incarcerées suite au mouvement contre la loi Travail et son monde.

Liberté pour tou-te-s, à Vivonne comme ailleurs.

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[Publié sur iaata.info le 16 septembre 2016]

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[Solidarité avec Christine] Rassemblement à Roanne le mercredi 27 juillet à 13h

Prison de Roanne : solidarité avec Christine pousuivie par des matons

MANIFESTONS NOTRE SOLIDARITÉ ET NOTRE SOUTIEN À CHRISTINE QUI RÉSISTE EN PRISON CONTRE L’ARBITRAIRE ET POUR LA LIBERTÉ

RDV LE 27 JUILLET à 13H

AU TRIBUNAL DE ROANNE (place Georges Clémenceau)

Une fois encore Christine actuellement détenue à la prison de Roanne, passe en procès pour répondre d’incidents survenus en avril-mai-juin 2016 et pour lesquels lui ont été signifiés 9 chefs d’inculpations de violences et rébellions sur des matons de Roanne ainsi qu’un refus de signalétique ( empreintes digitales et photos).

A Roanne comme dans les 14 taules qu’elle a « fréquentées » depuis novembre 2012, les « chiens de garde » de l’AP (administration pénitentiaire), tous niveaux confondus, poursuivent leur acharnement pour la pousser à bout. Par de multiples provocations, ils tentent de la réduire au silence et à la soumission :

Interdite de promenade, suppression d’activités, refus de répondre à ses requêtes justifiées, humiliations (fouilles à nu), brutalité (menottes), QI (quartier d’isolement), mitard…

La suite sur le blog :
https://enfinpisserdanslherbe.noblogs.org/post/2016/07/19/rassemblement-a-roanne-le-27-juillet-a-13h/

 

Pour lui écrire :

Christine Ribailly
écrou 2612
CD – Bat C – QI
Rue Georges Mandel
42 323 ROANNE

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[Reçu par mail]

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Jusqu’ici tout va bien ? Révolutionnaires contre le racialisme et son immonde

« Il y a dix ans, dans la même réunion qu’aujourd’hui, si on avait dit ” blanc , les gens auraient cassé le mobilier. Aujourd’hui, grâce aux Indigènes de la République, grâce à Houria, on peut dire ”les blancs”, tout le monde comprend qu’il ne s’agit pas de couleur de peau, mais d’une race qu’on est tout à fait libre de quitter »

Eric Hazan

On ne peut malheureusement pas encore donner tort à l’éditeur classé à l’extrême gauche du dernier pamphlet explicitement antisémite d’Houria Bouteldja Les Blancs, les juifs et nous, qui n’a pas suscité de réaction à la hauteur de son caractère ignoble. Les catégories et le vocabulaire de l’idéologie racialisatrice, repris depuis quelques temps dans les organisations et milieux politiques qui vont de l‘extrême gauche jusqu’aux libertaires, sont en train de devenir la norme et d’instaurer une hégémonie. Ce vocabulaire s’est imposé insidieusement, sans être ni discuté ni argumenté. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui sont dans l’incapacité de soutenir politiquement ces positions intenables, à part à coup d’affirmations tautologiques et de fausses évidences. Un glissement sémantique a déjà largement opéré : les termes de « race », « blancs », « non-blancs », « racisés », « racialisation », « décolonial » sont devenus du jour au lendemain des catégories d’analyse jugées pertinentes, nécessaires, et sont même promus comme instruments d’une perspective d’émancipation, là où nous y voyons une faillite catastrophique.

Dans une époque de crise généralisée propice à la confusion, dans laquelle prospèrent des courants contre-révolutionnaires, menaçants voire meurtriers comme les rouges-bruns, les boutiquiers racistes Soral et Dieudonné ou différentes variantes de l’islam politique, certains ne trouvent donc rien de mieux à faire que de ressusciter la théorie des races en réhabilitant les assignations culturelles, sociales et religieuses dans la droite ligne de l’ethno-différentialisme de la nouvelle droite. Le retournement est allé au point que le simple questionnement de l’idéologie racialiste devient impossible, tant dans les réunions publiques que sur les sites internet des milieux militants, qui opèrent à cet endroit une véritable censure. L’ensemble prospère et tient notamment par un chantage à la culpabilité que manient très bien les tenants de cette idéologie. Ironiquement, aujourd’hui, refuser les termes de « race » ou « d’islamophobie » expose à l’infamante accusation de racisme, visant à étouffer ainsi toute possibilité de débat, de critiques et de refus. Certains anarchistes en sont rendus à proscrire le slogan « ni dieu ni maître » sous prétexte d’« islamophobie » et certains marxistes pensent que pour être antiraciste il est urgent d’ajouter la « race » à la classe. De fait le terme de « race » qui était jusqu’à peu l’apanage de l’extrême droite se retrouve aujourd’hui à toutes les sauces. La promotion des identités, le communautarisme culturel ou religieux n’ont jamais eu d’autres fonctions que de maintenir la paix sociale.

Le clivage à l’œuvre autour de ces questions se doit donc d’être clarifié et travaillé de manière réfléchie. À plus forte raison dans la situation actuelle, le racialisme ne peut mener qu’à la guerre de tous contre tous. Cette offensive politique est lourde de conséquence pour tous, et d’un point de vue révolutionnaire c’est un point de rupture. Où en serons nous dans quelque temps si elle s’avérait victorieuse ? Tôt ou tard, il va bien falloir choisir son camp et le plus tôt sera le mieux.

Été 2016

Assemblée en mixité révolutionnaire et non-mixité de classe

tuttovabene[at]riseup.net

tuttovabene.noblogs.org

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[Reçu par mail]

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[Paris] Quelques infos sur les gardes-à-vue du mardi 28 juin 2016

Mardi 28 juin au petit matin, cinq personnes ont été arrêtées à leur domicile par des flics de la police judiciaire et placées en garde-à-vue dans le cadre d’une enquête pour les faits de (à peu près) : participation à une manifestation malgré interdiction administrative, participation avec ou sans arme à un attroupement avec dissimulation du visage, participation à un groupement formé en vue de commettre des violences contre des personnes ou des destructions de biens, et association de malfaiteurs.

À mon domicile, les keufs m’ont présenté un papier à signer pour que j’autorise une perquisition, ce que j’ai refusé, il n’y a donc pas eu de perquisition. Par contre mon téléphone portable a été mis sous scellé. Chez d’autres, il y aurait eu des perquisitions (matériel informatique, vêtements…).

Les gardes-à-vue (qui ont duré 30 heures) ont eu lieu dans les locaux de la 2e DPJ dans le 12e arrondissement ou au commissariat rue Louis Blanc dans le 10e arrondissement. Les empreintes et l’ADN ont été demandés mais les refus pas notifiés dans un PV. Lors des auditions, les questions portaient en gros sur la participation à diverses manifestations à Paris entre le 22 novembre 2015 et le 1er mai 2016 : manifestation en solidarité avec les migrant-es interdite dans le cadre de l’état d’urgence, manifestation contre l’interdiction de manifester, manifestation contre la COP21, manifestation contre l’état d’urgence, manifestation en solidarité avec la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et, le gros du dossier, manifestations contre la loi Travail.

« Vous avez été vu/identifié à telle manifestation lors de laquelle de nombreuses violences ont été constatées / lors de laquelle de nombreuses dégradations de biens ont été commises, qu’avez-vous à déclarer ? ». Jamais la manière d’identification n’a été donnée (caméras, civils…) mis à part quelques fois où il était spécifié que les téléphones portables ont été géolocalisés.

D’autres questions portaient sur la « mouvance ultra-gauche », sur l’envoi de SMS groupés et sur l’utilisation d’applications de messagerie instantanée (telegram, snapchat…). Dans mon cas je n’ai vu aucune photo, aucun document mis à part un trombinoscope que j’ai aperçu très furtivement.

La garde-à-vue a été renouvelée le soir-même et le lendemain une seconde audition a été menée pour confirmer les non-déclarations faites la veille. Les gardes-à-vue ont été levées vers 12h30 sans convocation. Sur le procès verbal de fin de garde-à-vue il était inscrit que le dossier allait être re-transmis a un procureur. Il semble que pour le moment il s’agisse d’une enquête de police, qu’il n’y a pas à ce stade d’instruction judiciaire (ni d’inculpation du coup).

Ces histoires ne doivent pas rester « en-coulisse » mais être partagées collectivement, pour ne pas rester isolé-es face à la répression et parce que nous sommes tou-tes concerné-es.

À suivre donc mais dans tous les cas ce petit coup de pression de doit pas nous intimider. Face à l’État et au capitalisme, on continue la lutte !

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[Publié sur Paris-luttes.info le 4 juillet 2016]

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Contre la facilité : sur l’attaque à la massette des vitres de l’Hôpital Necker

Des milliers de vitres ont été brisées mardi. Mais une dizaine d’entre elles ont recueilli plus d’attention qu’elles n’en méritaient. Une volée de baies vitrées de l’hôpital Necker ont été minutieusement étoilées lors de la manifestation. Mais tandis qu’on n’attend rien d’autres des médias que de s’indigner jusqu’à la nausée, il est plus surprenant de voir des «alternatifs», «anticapitalistes», ou autres contestataires de rue ou de salon se sentir sommés de s’exprimer à leur sujet.

Alors puisque la dissociation est de mise lorsque ces commentateurs sociaux suivent le sens du vent et surfent les mêmes vagues que nos ennemis tant que leur planche est rouge ou noire [1], nous affirmons préférer la plongée sous-marine et n’avoir que faire des mouvements de surface.

Il y a mille raisons de s’attaquer à un hôpital quelconque et à celui-là en particulier, et l’envie brute de se passer de raisons en est une.

Après tout, peu importe que cet hosto porte le nom de Jacques Necker, banquier de profession, puis successivement conseiller des Finances, directeur général du Trésor Royal, directeur général des Finances, Premier ministre des Finances de Louis XVI et j’en passe. Peu importe que ce brave homme se soit remarqué dans son rôle de contre-révolutionnaire en 1789, lorsque les casseurs détruisaient la Bastille pierre par pierre. Peu importe qu’au même moment, il ait repris à son compte toutes les méthodes imaginables pour calmer la populace en furie.

Après tout, peu importe que l’hôpital soit un symbole de l’oppression médicale et de ce que le pouvoir scientifique se permet de faire subir. Peu importe que des milliers de femmes soient traitées comme des machines à reproduire derrière ces grandes baies vitrées, peu importe que des personnes intersexuées soient mutilées à la naissance derrière ces si charmantes plaques de verre. Peu importe que l’hôpital nous arrache chaque année des proches, des compagnon-ne-s en les psychiatrisant et en les internant. Peu importe que les laboratoires pharmaceutiques prolifèrent sur le dos de nos maladies et de celles de nos enfants en profitant de la manne financière de la Sécurité Sociale. Peu importe également que les internes profitent de l’anesthésie de patients et de patientes endormies pour tester sur eux et elles tout un tas de pratiques sans leur consentement.

Après tout, peu importe que l’hôpital soit un lieu de collaboration principal du pouvoir, dans nos mouvements comme tout le reste de l’année, qui balance les individu-e-s qui s’y rendent en croyant obtenir du soin, et qui en sortent avec des menottes. Peu importe qu’il soit également l’endroit où se retrouvent par alternance avec la prison celles et ceux que l’État veut anéantir.

Après tout, peu importe que ce monument historique, éminent symbole de la puissance de l’État, bâtiment colossal tout de verre et d’acier, nous rappelle sans cesse que nous ne sommes que de médiocres pions face à la grandeur de nos maîtres. Peu importe que ces baies vitrées de 10m de haut coûtent une fortune et que leur réparation fasse cracher de la thune à ces ordures.

Et si, après toutes ces raisons qui nous importent peu, la simple satisfaction, du haut de notre mètre 70, de filer des courants d’air à des salopards en costards ou blouse blanche, à l’aide d’une simple massette, jusqu’au plus haut sommet de l’État, avait pu donner l’énergie d’agir à une individualité révoltée ?

Et si ces personnes que certain-e-s trouvent idiotes d’avoir attaqué ces vitres, étaient les mêmes personnes qui attaquent les banques et les assurances, et qui nous réjouissent tou-te-s ? Quelle présomption, quel sentiment de supériorité nous permet de juger la pertinence de leurs motivation, et de décerner les bons et les mauvais points dans le désordre social ?

Et si, au lieu de s’empresser de cracher sa bile sur des individu-e-s présent-e-s à nos côtés dans des moments aussi intenses, sur le simple prétexte que l’on ne comprend pas leurs motivations, on pouvait s’efforcer de comprendre, et à défaut, de se taire ? Et si, au lieu de suivre avec paresse le flot d’immondices charrié par les médias, on s’efforçait de produire une réflexion sans influences ?

Pourquoi se précipiter et se réfugier dans la facilité lorsqu’un acte «incompréhensible» surgit dans ce genre de moment ? Pourquoi tomber dans la dissociation que nous intime le pouvoir alors que nous pourrions profiter de ce genre d’événement pour discuter sérieusement de notre rapport à l’inconnu et à l’inattendu ? Les discussions qui ont abouties à l’écriture de ce texte sont aussi riches que tous les instants de vie que nous partageons dans la rue. Parce qu’elles s’attaquent à nos certitudes, à un moment où on pourrait croire que tout s’éclaircit. Lorsque les raisons de casser des banques et des agences immobilières nous semblent devenir consensuelles, il se trouve des choses qui nous permettent de creuser plus encore nos réflexions révolutionnaires. L’inattendu est pour moi ce qui rend la vie passionnante, et c’est aussi ce qui fait si peur à ce pouvoir qui souhaiterait tout prévoir.

Saisissons-nous de ces inattendus pour affronter nos convictions et les faire évoluer, plutôt que de les balayer d’un revers de main pour les ramener à un triste connu. Et c’est ainsi que nous serons redoutables.

Nous n’avons pas peur de l’avenir, c’est leur avenir qui a peur de nous. Et il a bien raison.

[1] lundi.am, mercredi 15 juin 2016 : «Au milieu de tout cela, quelques vitres de l’hôpital Necker ont été brisées. Bien que les vitres en question n’aient pas d’autre rôle que celui d’isolant thermique : j’en conviens grandement, ce n’est pas très malin. Certes, briser les vitres d’un hôpital, même par mégarde, c’est idiot […]
Si les jeunes émeutiers qui ont cassé les vitres de Necker ont été idiots
, […]»
« n-n-n » sur Paris-luttes.info, jeudi 16 juin 2016 : «[…] il y a eu la mauvaise blague de l’hôpital Necker… Une personne seule a étoilé une dizaine de ses vitres, sous le regard circonspect de pas mal d’autres manifestant-e-s, qui soit ne savaient pas qu’il s’agissait d’un hôpital, soit ne comprenaient pas pourquoi cette personne s’y attaquait (Je serais d’ailleurs curieux d’en connaître ses raisons) […]»
Nantes Révoltée sur Indy Nantes, jeudi 16 juin 2016 : «[…] Visuellement, seule une longue baie vitrée grise longeant le boulevard s’offrait à la vue des manifestants – ce qui n’est pas le cas dans le sens inverse de la marche. Nul doute queles quelques égarés pavloviens venus casser du verre – une petite librairie juste à côté à subi le même sort que l’hôpital – n’ont même pas compris ce à quoi ils touchaient. […] Si les enfants soignés dans cet hôpital ont été incommodés, c’est probablement plus par l’usage massif de l’arsenal policier que par des coups, aussi idiots soient-ils, sur la baie vitrée du bâtiment»

[Publié sur Indymedia Nantes, le 17 juin 2016]

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Note de cestdejatoutdesuite :

Pour compléter la liste des commentateurs sociaux de rue ou de salon pressés de participer à la dissociation en cours, voici un extrait du communiqué de la boutique dite Fédération Anarchiste du jeudi 16 juin 2016  : «[…] Certaines vitres de l’hôpital ont été brisées par des projectiles mais l’établissement n’était pas la cible des manifestants, on peut en dire que c’était une connerie, des erreurs de trajectoires de projectiles…[…]»

 

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[Toulouse] Crevaisons solidaires avec les inculpéEs de la lutte contre la loi travail

En une nuit, un tournevis a crevé les pneus de 4 véhicules de la mairie, d’un utilitaire vinci, de deux véhicules appartenant à des agences immobilières, d’un camion eiffage, de deux véhicules Orange, d’une voiture de la tnt et de nombreux vélibs. Il a aussi servi à rayer les carrosseries et à crever les pneus de plein de caisses de bourges. Des cailloux trouvés sur le chemin ont permis de défoncer les panneaux publicitaires croisés.

Tâcher de mettre fin au travail se traduit aussi par bloquer les travailleurs et travailleuses. On a ciblé en particulier des entreprises qui construisent des prisons, des aéroports, qui participent au contrôle par la technologie ou à l’embourgeoisement de la ville.

Notre rage ne se dégonfle pas, surtout quand des compagnon.ne.s ont été touché.e.s par la répression, arrếté.e.s, frappé.e.s ou incarcéré.e.s. Elle augmente chaque fois qu’ils tentent de nous intimider.

Soyons solidaires par l’attaque.
Soutien aux inculpé.e.s et aux incarcéré.e.s de la lutte contre le travail.

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[Publié sur iaata.info le 11 juin 2016]

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Avalanche n°7 – correspondance anarchiste – juin 2016

Cliquer sur la première page pour télécharger Avalanche N°7

Cliquer sur la première page pour télécharger Avalanche N°7

Les anarchistes se sont toujours appropriés des moyens pour faire des idées antiautoritaires et des luttes une matière pour alimenter le dialogue et l’action subversives. C’est en ce sens-là que cette publication se veut aussi un moyen et plus précisément, celui d’offrir un espace pour nourrir le débat international entre anarchistes. C’est pourquoi ces pages laisseront surtout la place aux combats dont le ressort est anarchiste : des luttes autonomes, directes et auto-organisées ; des combats qui poussent vers la destruction du pouvoir sous toutes ses formes ; des luttes qui se déroulent aujourd’hui, comme hier ou qui sont à venir.

https://avalanche.noblogs.org/

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Editorial du n°7 :

Ces moments vécus dans cette société semblent exceptionnellement prolifiques au cynisme et au défaitisme. Et je parle au-delà des préoccupations pour mon propre bien-être. Ce sont des attitudes qu’on peut rencontrer tous les jours, sous la forme d’un « plus malin que toi » ou d’un passe-partout pour se balader à travers la vie sans entraves. Mais aussi, plus sincèrement, ils sont le résultat de différentes degrés d’épuisement ou de désillusion. La capacité de révolte ne peut pas s’appuyer uniquement sur l’optimisme de l’incertitude. Alors que la rébellion n’a rien perdu de son urgence, cela seul ne nous empêche pas de se retrouver dans une impasse.

Une position anarchiste doit trouver son expression dans des actions, ou elle ne sera que des mots dans le vent bientôt emportés à cause de leur légèreté. La question est alors comment? En outre, comment intervenir à partir d’une position anarchiste dans les rapports sociaux? Parce que c’est là que la reproduction de l’autorité est en cours. Contre la dépendance organisée qui nous place (en alternance ou même simultanément) dans le rôle d’opprimé et d’oppresseur, nous devrions viser l’autonomie. A partir du refus de la représentation et de l’aliénation, la tentative de ne pas laisser modeler sa vie par les exigences et les normes de cette société. Peut-être c’est ce qu’on désignait avant par la notion de l’émancipation individuelle. Dans cette perspective, un projet anarchiste visant une lutte sociale englobe l’action directe et l’organisation informelle, empêchant l’établissement des rapports de pouvoir. Une rupture en soi, qui cherche à creuser plus profondément.

Certes, des niches de pratiques alternatives et de relations améliorées ne sont pas satisfaisantes. Toute tentative subversive doit chercher à saboter les mécanismes de contrôle et de soumission et rencontrera des complices. Nous pouvons créer nous-mêmes des moments de rencontre ou nous pouvons nous élancer dans des moments de rage. Ces moments tiennent tout leur potentiel dans la capacité à faire avancer une critique radicale de toute autorité et de réaliser l’autonomie (ce qui signifie pas de représentation, mais l’action directe). Souvent, nous sommes (de nouveau) confrontés à des efforts de recrutement et de récupération, qui hissent la bannière de l’unification. Que ce soit à travers la convergence gérée par des militants de gauche/bureaucrates de l’assemblée ou à travers une rhétorique séduisante imposant un discours hégémonique (que de tous les traits d’une idéologie en manque seulement une : la cohérence). Certains ont des ambitions de devenir les portes-parole (des intermédiaires des médias aux courtiers du pouvoir, mais aussi les soi-disant intellectuels) que nous devrions profaner.

Alors que la machine d’intégration de l’État social est en décroissance (un État social qui garantissait de toute façon qu’un accès limité et destiné à la fabrication des citoyens ; producteurs et consommateurs), les illusions d’un grand nombre de personnes sont brisées. Cela semble fournir un terreau fertile pour les nouvelles politiques des vieilles identités, sur la base des chimères autour de la race, l’ethnie, la nation, la religion ou d’autres idéologies lorsque les dirigeants en devenir tentent de suivre la dernière mode. Cela signifie probablement que certains pensent que les anarchistes sont en retard sur les temps. Nous préférons de nous considérer à contre-temps avec cette société et nous ferons en sorte d’interférer dans le rythme de la domination.

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Sommaire du n°7 :

4 – Italie – Abattre les frontières au Brennero et partout

10 – Allemagne – Depuis le début de l’année, le conflit contre RWE au forêt d’Hambach s’intensifie chaque jour de plus.

13  – Belgique – Le carnage et son monde

15  – Belgique – Un bref survol de la situation sociale à Bruxelles

17 – Belgique – A propos du procès antiterroriste à venir contre des anarchistes et anti-autoritaires

19  – Royaume-uni – Londres 2016 : le terrain de lutte dans notre ville

23 – Espagne – Communiqué sur la dernière opération répressive à Barcelone

25 – Chili – Pour un 29 mars insurgé et anarchique

28 – Chili – En lutte contre le patriarcat, mais avant tout… contre toute forme d’autorité !

30 – Mexique – Irréductibles face au pouvoir et à sa répression

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Lettre ouverte à ceux qui ne voient pas de problème à marcher derrière les racialistes dans le mouvement en cours

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[Contribution à la critique nécessaire de l’Appel à un cortège en commun contre les violences et l’impunité policière lors de la manifestation du 14 Juin 2016 contre la loi Travail, proposé et signé par divers militants du racialisme.]

« Tariq Ramadan, quelles que soient les critiques que nous puissions lui faire, fait partie de l’anti-racisme politique, pour son combat contre l’islamophobie et la Palestine […] [Tariq Ramadan est] un intellectuel musulman auquel s’identifie une grande partie des classes populaires non-blanches. »
Houria Bouteldja, porte-parole du PIR.

« La seule haine que nous avons c’est la haine de l’injustice, c’est la haine de l’impunité policière. Je ne laisserai plus rien passer, je deviendrai comme un poison, je serai derrière eux, quel que soit le prix à payer. »
Amal Bentounsi, porte parole d’Urgence Notre Police Assassine.

« Madame la juge, vous aimez citer le code pénal par ci et là, à mon tour de citer un article du nôtre, article 25, chapitre le combat continue : vous me trouverez en face de ceux qui pissent sur la justice. »
Sihame Assbague, auto-porte-parole du swag.

Série de propos tenus lors du « Procès de l’antiracisme politique », mauvais spectacle de stand up en forme d’éloge de la forme tribunal, à la Bourse du Travail de Saint-Denis le 25 mai 2016

« Nous allons continuer à distiller des idées progressistes, à travailler aux marges et dans les interstices, envahir le langage courant, imposer nos thèmes et nos concepts dans le débat universitaire et public. »
Françoise Vergès et Gerty Dambury, Halte à la misogynie raciste !, 12 juin 2015.

Un petit cénacle racialiste en pleine ascension sociale et politique cherche à imposer une hégémonie politique et culturelle, et à coloniser les représentations par un discours fondé sur la notion de « race », à travers l’assignation de tous, dans le présent, le passé et le futur, à des catégories qui varient au gré des accommodements en cours, toujours guidé par la soif de pouvoir. Toujours fondées sur le revival de la « race », qu’on reconstruit politiquement plus que socialement grâce à ses avatars « racisés », « racisation », « blancs », « non-blancs », ces catégories infâmes sont des outils idéaux pour faire oublier ce qu’on fait au nom de ce qu’on prétend être, culpabiliser, faire la leçon et s’imposer par le chantage à la légitimité victimaire et identitaire en exigeant d’être vus comme l’incarnation de la banlieue, du Sud, du prolétariat, des quartiers, des victimes des violences policières, etc. selon les lieux, et les publics. Après l’échec évident de la « Marche de la dignité » en octobre dernier, qui est loin d’avoir rallié « les jeunes des quartiers populaires » ou « les prolétaires de banlieue », après le repli sur la défense du religieux et la dénonciation de « l’islamophobie », c’est maintenant au cœur du mouvement social qu’ils cherchent à normaliser leur présence et même, comme ils l’énoncent ouvertement, à prendre le « leadership » de la contestation. Cette fois, l’opération prend place dans le moment le plus public, rejoignable et conflictuel du mouvement en cours : la manifestation, via la proposition de la constitution d’un cortège lors de celle du 14 juin, et c’est autour de la très consensuelle question des « violences policières » que la proposition se formule. Par un texte assez creux, un certain nombre de signataires dont la plupart sont universitaires, habitués des plateaux télé et racialistes, appellent à « un cortège en commun pour dire Stop aux violences et à l’impunité policière. »

D’abord, ce sont les signataires de cette initiative aux allures de radicalité qui doivent nous poser question : outre divers acteurs très institutionnels avec lesquels on aimerait ne pas partager de cortège, qu’il soit de tête ou de queue, on se retrouve en bonne compagnie avec le Parti des Indigènes de la République et ses compagnons de route, les sociologues officiels Nacira Guénif et Eric Fassin, Majid Messaoudène, élu front de gauche à la mairie de Saint Denis, la MAFED, qui regroupe, depuis que le PIR l’a constituée lors de ses dix ans pour organiser la Marche de la Dignité1, tout ce que le petit milieu racialiste compte d’égéries « racisées » et éventuellement islamistes, la Brigade Anti- Négrophobie et le Dip Social Club, qui suivent et relaient toutes les initiatives de ce petit monde. On doit aussi supporter des entrepreneurs de banlieue qui réclament leur part du gateau, les Pas Sans Nous, et le FUIQP dont le chef de file Saïd Bouamama, en plus d’être racialiste, collabore régulièrement avec le confusionniste actif philo-négationniste Michel Collon. Tous parlent de « race » à longueur de temps et prônent un interclassisme ségrégationniste qui sépare « blancs » et « non-blancs », à travers des pratiques scandaleuses et inacceptables comme par exemple l’organisation en non-mixité « raciale » (pour leur « camps d’été décolonial » par exemple).

Et, tant qu’on y est, pourquoi pas Eric Hazan, qui voudrait que tout le monde aime un peu certains flics, éditeur du pamphlet antisémite et philo-négationniste de Houria Bouteldja ?

Pour mémoire, même si tout le monde semble convenir du caractère infâme des positions du PIR, il faut peut- être rappeler son antisémitisme, sa misogynie, sa haine des homosexuels et du métissage, son racisme structurant, qui, si on s’y penche avec un peu de conséquence, devraient empêcher non seulement sa fréquentation, mais aussi celle de ses amis et alliés, même par pétition interposée. La moue dégoûtée que beaucoup prennent tout en signant et en côtoyant semble une réaction bien légère, si l’on prend au sérieux la nature des problèmes en question…

D’autre part, alors que la violence exercée par la police est structurelle, on peut se demander ce qu’on a à gagner à séparer des pratiques policières « violentes » d’autres, « normales », qui ne le seraient pas, comme le fait la notion de « violences policières » auxquelles il s’agirait de s’opposer. Cela a-t-il vraiment un sens d’exiger que cette police qui serait la « nôtre » cesse d’« assassiner » ? Ce dont on peut être sûr, c’est que lutter pour la punition de la police n’est en aucun cas une manière de lutter contre sa force réelle et effective ni de s’organiser contre la répression qui consolide le monde de la loi travail, et plus largement contre le rôle et la fonction de la police qui est au service du même État que la justice qu’on invoque ?

S’organiser en tant que victime, peut aussi poser question, surtout quand, en fait, il s’agit plutôt de se présenter comme victime potentielle, ou qu’on est en fait « famille de victime », catégorie la plus dépolitisée qui soit, dont la valorisation fait écho à un maoïsme français éculé, datant de l’époque où certains, sur la route de la « vérité » et de la « justice », ont aussi cherché des relais de légitimité normative et familialiste.

Enfin dénoncer « l’impunité policière », c’est toujours s’inscrire dans un champ absolument judiciariste et punitif qui impliquerait que la justice réelle, convoquée par la notion « d’impunité », soit l’horizon indépassable, et se retrouver à se plaindre radicalement du fait qu’elle fonctionne décidément mal en exigeant que les coupables soient punis plus sévèrement. Que gagne-t-on à constater que la justice ne punit pas sa police, et à revendiquer plus de punition et plus de prison ? Ne s’éloigne t-on pas ainsi absolument de la perspective de « l’impunité » pour les luttes et leurs participants ?

Des conférences de presse contre l’État d’Urgence, à Nuit Debout, en passant par des pétitions dans les journaux (avec la prétention à déterminer qui serait « casseur » ou « émeutier »), des colloques comme « paroles non-blanches » dans le bâtiment occupé de la fac de Saint-Denis, la propagande de Lundi matin, pléthore de réunions publiques, meetings, interviews et autres interventions télévisuelles, pastiches ratés de procès stupides, etc., les racialistes militent pour infuser la contestation avec leur lecture en terme de « race », donc raciste, et militent toujours aussi pour eux-mêmes, afin de prendre le pouvoir dans les luttes et de s’en servir pour acquérir du pouvoir, au-delà.

Nous sommes déjà nombreux à refuser ces catégories qui contredisent toute perspective émancipatrice et révolutionnaire, à penser que lutter contre la police, en tant que telle, ce n’est pas déplorer qu’elle ne soit pas punie, à refuser ce paternalisme qui consiste à favoriser l’organisation en tant que « famille de victime » ou sous des formes communautaures et identitaires en allant jusqu’à vanter la soumission religieuse des autres, bref à refuser de se soumettre au chantage de ces quelques bourgeois « racisés » qui voudraient se faire passer pour « les jeunes des quartiers populaires » alors qu’ils en ont très visiblement passé l’âge.

Nous ne les avons pas attendu d’ailleurs pour refuser le racisme, pour nous battre ensemble, immigrés ou pas, sans ou avec papiers, chômeurs, précaires ou salarisés, en tentant de dépasser ces catégories, seul moyen de se retrouver pour en finir avec ce monde, son capitalisme et sa police.

En cortège et ailleurs, refusons de marcher derrière les racialistes !

Poursuivons la mobilisation, les luttes contre la loi travail, bientôt contre l’été et son odeur de fin de mouvement !

Quoiqu’il en soit, le mouvement n’a pas à être dirigé, et certainement pas par les porteurs de cette proposition.

Pour des perspectives révolutionnaires

Les chemins se séparent…

crossroads @ riseup . net

1 – Pour des précisions, on pourra lire la Lettre ouverte à ceux qui pensent que participer à la Marche-de-la-dignité-contre-le-racisme- avec le-soutien-d’Angela-Davis n’est pas un problème consultable ici : http://paris-luttes.info/lettre-ouverte-a-ceux-qui-pensent-3934

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[Refusé par Indymedia Nantes … ]

Posted in gauchisme, citoyennisme, autres impasses, faux-amis, general, guerre sociale | Commentaires fermés sur Lettre ouverte à ceux qui ne voient pas de problème à marcher derrière les racialistes dans le mouvement en cours