Damien condamné à dix mois ferme, soyons des jaguars !

Aujourd’hui, Damien Camelio passait en procès au tribunal de grande instance de Paris à partir de 13h30 en correctionnelle, accusé de quatre chefs de « dégradation de bien public en réunion en état de récidive légale », c’est-à-dire d’avoir participé à la manifestation sauvage du 14 avril 2016, dans le cadre de l’agitation contre la dite « Loi Travail », et d’avoir commis des destructions en son sein.

Lors du procès, un avocat des parties civiles était présent (pour Pôle emploi), réclamant des dommages et intérêts. Dans son réquisitoire, le procureur a demandé huit mois fermes. La salle a été évacuée et la suite du procès s’est tenue à huis clos alors que les personnes présentes applaudissaient aux chefs d’inculpation, Damien a affirmé qu’il ne reconnaissait pas l’autorité des juges sur lesquels il a jeté des cacahouètes.

Suite aux délibérations, Damien a été condamné, au-delà des réquisitions, à dix mois ferme avec mandat de dépôt (il reste donc à Fleury) et 14 000 € de dommages et intérêts pour les parties civiles.

L’État, en ciblant et en isolant des individus, cherche à casser des dynamiques, comme celle du printemps dernier, et à condamner au silence ou à l’impuissance celles et ceux qu’il considère comme dangereux et incontrôlables, et ainsi, à apprendre la peur à tous. En tant qu’ennemis irréductibles de l’Etat, de son vocabulaire et de ses laquais, on se fout donc de savoir qui est coupable ou innocent (nous pouvons même être solidaires des innocents), ce qui compte c’est que les actes et les pensées révolutionnaires continuent de se diffuser pour que la répression n’y puisse plus rien.

Solidarité avec tous les révoltés de la terre, mort à la justice !
Soyons des jaguars !

Quelques anarchistes solidaires.

 

On pourra lui ecrire, lui envoyer une carte postale, des timbres ou de la lecture à l’adresse :

Damien Camélio
n° d’écrou 432888
MAH de Fleury-Mérogis (Bâtiment D5)
7, avenue des Peupliers
91705 – Sainte-Génevieve-des-Bois

[Repris de la Base de données anarchistes, le 19 janvier 2017]

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[La solidarité c’est l’attaque ! – Paris] Contre le travail

Dans nuit du 15 au 16 janvier nous avons brisé une partie des vitres du pôle emploi de la rue des nanettes dans le 11ème.

Nous haïssons le travail et son monde. Pour nous l’enterrement du mouvement social ne signifie pas la fin des hostilités.

Nous voulons aussi envoyer un message solidaire à Damien qui passera en procès jeudi prochain.

Liberté pour tous et toutes des deux côtés des murs.

La solidarité c’est l’attaque !

[Publié sur Indymedia Nantes, le 17 janvier 2017]

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Procès de Damien. Jeudi 19 janvier, 13h30 TGI de paris

Solidarité avec Damien Camelio, anarchiste incarcéré !
Feu aux prisons !

Le 14 avril dernier vers 22h, après une journée de manifestations, plusieurs centaines de personnes partent en manif sauvage vers le canal Saint-Martin. Le cortége poursuit sa lancée jusqu’à sa dislocation aux abords de la mairie du 19ème. Sur leur route, nombreuses/x sont celles/ux qui laissent un mot à la plume de leurs pavés sur les vitres de divers bâtiments (les douanes, la Chambre du Commerce et de l’Industrie, un Hôtel Ibis, des galeries d’art ,un Pôle Emploi, des agences immobilières, des banques, un concessionnaire Jaguar…), sur les autolibs, les pubs et les autobus, un Franprix est pillé au passage…

Le 8 décembre [note de cedtds : en fait il s’agit du 7 décembre], Damien est arrété à son domicile et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, accusé d’un certain nombre de dégradations commises ce soir-là. Le 28 décembre sa demande de mise en liberté a été rejetée. Pendant l’audience, Damien a évoqué la mort d’un détenu à Fleury, suite à un problème de santé, alors que son codétenu tambourinait à la porte des heures durant, dans l’indifférence totale de la part de la matonnerie. Dans une lettre, refusant la logique judiciaire, dont, entre autres la catégorisation dichotomique innocent/coupable, il déclare :
« Parce que la résignation ne sera jamais une option, parce qu’en chaque acte individuel de révolte réside toute la violence des rapports sociaux, parce qu’il nous reste une multitude de récits à écrire, à travers le temps et l’espace, à travers la grisaille des métropoles, dedans comme dehors… le combat continue. »

Le combat continue, oui, et plusieurs attaques ont été réalisées en solidarité avec Damien depuis son arrestation :
Dans la nuit du 14 décembre, quatre distributeurs de banques (LCL, La Poste, CIC, Crédit Agricole) on été détruits à coups de marteau à Besançon, alors que la veille, deux distributeurs de billets de la Caisse d’Epargne ont été détruits à Marseille. Au petit matin du 26 décembre (jour de l’anniversaire de Damien), du côté de Passy, certains ont pensé que plutôt que d’allumer des bougies, mieux valait allumer une Jaguar. Il s’agit, d’après la revendication, d’une « petite bribe de guerre sociale devant les portes des riches ». Et fin décembre, à Bruxelles, des pubs JC Decaux et une voiture d’agents de sécurité ont eu leurs vitres brisées, tandis que la nuit du 31 une autre voiture d’agents de sécurité, une voiture Vinci et une voiture Bam (entreprises qui construisent des prisons) ont été livrées aux flammes. Le 25 décembre, le container qui loge l’Ordnungsamt (équivalent de la Police Municipale, NdT) de ‘Steglitz’ à Berlin a été incendié.

Nous étions nombreuses/x dans les rues lors des manifs de ce printemps. Les actes de révolte, y compris ceux dont est accusé Damien, nous ont réjouis pendant plusieurs jours, comme un petit rayon de soleil dans cette grisaille.
Faisons-lui sentir notre soutien dans la salle de tribunal comme ailleurs, la solidarité c’est l’attaque

RDV Jeudi 19 Janvier à 13h30, à la 23e chambre du TGI de Paris

[Publié sur Indymedia Nantes, le 16 janvier 2017]

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Lettre de Damien : Contribution à un débat sur la justice

Damien a été arrêté le 7 décembre 2016.

Depuis son arrestation, il est en détention préventive.

Il est accusé de dégradations lors de la manif sauvage qui s’est déroulée le soir du 14 avril 2016 entre le 10ème et le 19ème arrondissements parisiens.

Sa demande de mise en liberté a été rejetée le 28 décembre.
Il reste enfermé à la prison de Fleury-Mérogis en attendant son procès le 19 janvier 2017.

Voici une lettre de Damien, écrite comme contribution à la discussion « Nique la justice », qui aura lieu à Montreuil ce lundi 9 janvier 2017 :

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Lettre de Damien : Contribution au débat sur la justice

Ayant appris que le 9 janvier à Paris se déroulera un débat sur la justice, je voudrais essayer d’y contribuer par lettre bien que, tous les permis de visite et de contact téléphonique m’ayant été refusés, je n’ai aucune information sur la teneur exacte du débat.
Le thème de la justice pose une multitude de questions, celle de la répression, de l’autorité, de l’enfermement, du maintient de la classe dominante et de l’ordre, celle de la soumission ou de l’insoumission, évidemment liée à celle de la défense ou de l’attaque, de la résignation ou de la dignité, de l’inaction ou de la vengeance.
Ce choix personnel appartient bien entendu à chaque individu et je ne veux pas me présenter en donneur de leçons, ni en martyr ou en héros que je ne suis pas. Je ne parlerai donc que de mon propre choix qui n’est pas motivé par un devoir révolutionnaire fantasmé, mais par la volonté, la nécessité qui m’est propre, de me sentir plus libre, plus digne, plus vivant que ne le voudraient mes geôlier.
Mon bagage intellectuel et théorique est relativement limité, mais ma vie ressemblant plus à celle d’un voyou qu’à celle d’un universitaire, j’arpente les couloirs des palais de justice depuis l’âge de 13 ans et ceux des prisons depuis mes 17 ans.
Ces quelques remarques sont donc bien plus le fruit de mon expérience personnelle, très subjective, que celui d’une quelconque posture idéologique pré-établie. Bien que je me reconnaisse aujourd’hui dans l’anarchie je n’en avais pas la moindre conscience lorsque, encore enfant, j’ai connu ma première détention en garde à vue.
Très jeune, j’ai toujours été révolté par les inégalités, ceux qui les permettent et possèdent tout, et ceux qui les protègent, c’est donc naturellement que j’ai appris à dépouiller les premiers et attaquer les seconds. Chez les voyous, on a un proverbe : 9 fois pour toi et une fois pour les flics. C’est inévitable, dans la guerre sociale, asymétrique par définition, le moindre choc frontal nous sera fatal car ils seront les plus forts.
La première fois qu’ils m’ont choppé, j’étais apeuré, mes potes avaient réussi à fuir et je me suis retrouvé seul coincé dans une impasse, j’ai essayé de me battre du mieux que je pouvais contre les flics qui me barraient le seul passage vers la liberté mais bien sûr je me suis fait défoncer puis embarquer.
Une fois en cellule je me suis senti comme un jeune animal sauvage que l’on a mis en cage après avoir été battu. Je pense que ce fût une réaction inconsciente et naturelle, j’ai arrêté de mordre et je me suis soumis. Il a donc fallu que je rentre dans leur logique, on ne peut plus civilisée, il a fallu que je m’innocente, que je me disculpe, moi qui n’avait jamais ressenti aucune culpabilité il fallait que, poussé par la peur, je m’excuse et je regrette avec hypocrisie.
Il fallait que je me renie moi-même, que je renie mon intégrité libre et sauvage face à la divine mission de leur logique civilisatrice. Et donc ce jour-là j’ai « commencé à ne plus me prendre pour moi-même », comme diraient les épiciers du marketing de l’insurrection qui voudraient nous faire croire que ce choix est motivé par une tactique longuement réfléchie afin de masquer leur effroi de la répression.
La peur, dans une telle situation, est pourtant quelques chose de naturel et il faut l’accepter, la reconnaître, afin de la dépasser et de se remettre à raisonner de façon honnête.
Il n’y a pas de héros, et s’il y en avait, nous n’en voudrions pas. Toujours est-il que ces jours-là, et ceux qui ont suivi, je me suis senti au plus mal. J’avais honte, pas d’avoir eu peur, mais d’avoir perdu ma dignité. Je ressentais au plus profond de moi-même que j’avais nié ma nature libre et sauvage pour la soumettre au dictât de la sociabilité judiciaire. La soumettre à cette société pleine d’inégalités que je ne comprenais pas et que je haïssait.

Lorsque j’ai pris conscience de cela je me suis juré de ne plus jamais me soumettre, de ne plus jamais me laisser juger et dompter comme un fauve apprivoisé servant d’attraction dans les cirques de leurs salles d’audience.
Depuis, les dents de lait ont laissé place à des canins bien aiguisés dans les cellules de mitard et les quartiers d’isolement, et je rend coup par coup. Pour une dent, une mâchoire!
Au tribunal j’ai toujours aussi peur, mais c’est en transformant ma peur en haine que je trouve la force de ne pas me soumettre et de ne pas les laisser me juger.Ils sont les plus forts, oui, mais ce n’est pas pour autant que je leur octroierai une quelconque légitimité en acceptant leur logique d’innocence et de culpabilité.
Je ne reprendrai pas à mon compte leur logique répressive pour en faire une logique victimisante en me déclarant innocent.
De plus, il s’agit de comprendre ce que cette logique induirait en terme de solidarité. Quelle solidarité voulons nous? Sur quelles bases et avec qui?
Si je me déclare innocent, et surtout si les compagnon-nes dehors organisent la solidarité autour de mon innocence et non du simple fait que je suis anarchiste, alors à qui parlons nous?
Aux démocrates? Aux partisans d’une république plus juste et plus véritable dont la justice plus populaire n’enfermera qu’en connaissance de cause? Au pouvoir? Ah oui, mais pas le même ! …
Et alors, quelle seront les bases de cette solidarité consensuelle? Que restera–t-il comme substance – sans oser même parler de potentiel – subversive et révolutionnaire? Ces mêmes personnes, à qui on en aurait appelé au consensus solidaire parce qu’innocent, l’auraient-ils été dans le cas d’une culpabilité avérée? Et dès lors, que nous resterait-t-il comme perspective offensive? Ne jouerait-on pas le jeu de la récupération politique, l’appelant même, par le consensus autour de valeurs humanitaires et républicains?

Les réponses à ces questions simples sont évidentes, avec un minimum de logique et d’honnêteté on peut déjà les considérer comme des affirmations. Qui plus est, ce sont des conceptions historiquement vérifiés.

« Comment sortir de ce dilemme? D’une façon simple. en partant toujours du fait que pour nous le fait technique est secondaire, et que si les compagnon-nes sont accusés, emprisonnés, et à certaines occasions également exécutés, cela advient seulement parce qu’ils sont anarchistes, abstraction faite du fait objectif qui constitue l’élément du débat de la justice, mais qui ne nous intéresse, en tant que révolutionnaires, que de façon marginale. »

Alfredo Bonanno, « Notes sur Sacco et Vanzetti », 1989.

Ainsi, si le choix de se déclarer innocent ou celui de refuser d’être jugé appartient à l’individu pour les raisons qui lui sont propres, je pense par contre que la communication relative à l’affaire judiciaire doit s’articuler, au minimum, autour de ce simple principe.

J’espère avoir pu apporter quelque chose au débat et que vous me ferez parvenir ce qu’il en est ressorti.

Toujours solidaire, mais surtout complice.

[début janvier 2017]

Damien

Pour lui écrire :

Damien Camélio
n° d’écrou 432888
MAH de Fleury-Mérogis (Bâtiment D5)
7, avenue des Peupliers
91705 – Sainte-Génevieve-des-Bois

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[reçu par mail]

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Avalanche numéro 9 – revue internationale de correspondance anarchiste

Les anarchistes se sont toujours appropriés des moyens pour faire des idées antiautoritaires et des luttes une matière pour alimenter le dialogue et l’action subversives. C’est en ce sens-là que cette publication se veut aussi un moyen et plus précisément, celui d’offrir un espace pour nourrir le débat international entre anarchistes. C’est pourquoi ces pages laisseront surtout la place aux combats dont le ressort est anarchiste : des luttes autonomes, directes et auto-organisées ; des combats qui poussent vers la destruction du pouvoir sous toutes ses formes ; des luttes qui se déroulent aujourd’hui, comme hier ou qui sont à venir.

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Avalanche numéro 9 – revue internationale de correspondance anarchiste – décembre 2016

Disponible en français, en allemand et en anglais  : https://avalanche.noblogs.org/

 

Editorial  :

L’internationalisme est la perspective qui essaye de se débarrasser des concepts imposés de frontière et d’État, puisque la lutte et la solidarité des ennemis de toute domination doivent être portées au-delà de toutes les barrières et frontières du pouvoir. L’internationalisme, c’est prendre en compte la dimension internationale d’incidents et de processus locaux mais c’est également la dimension internationale de l’idée anarchiste – celle d’une perspective libératrice pour chaque être humain où qu’il soit et d’où qu’il vienne. Puisque dans ce monde la libération a toujours un rapport avec la destruction, la base sur laquelle on peut apprendre à se connaître, discuter et se rencontrer loin des identités et des clichés, des masques et de la honte, cette base est aussi celle sur laquelle on parle de nos luttes, de la lutte pour la liberté et la destruction de notre oppression. Où l’on parle de comment on essaye d’exprimer notre hostilité envers toute domination en paroles et en actes.

L’idée de cette publication est de rassembler différentes contributions dans lesquelles les auteurs parlent depuis leur propre perspective et point de vue au sujet de luttes et d’évolutions qui se déroulent là où ils vivent, rendant possible à un lectorat internationaliste de les comprendre. Avalanche est à la fois une tentative pour stimuler un discours réciproque et enrichissant et pour créer un cadre dans lequel développer, à terme, des correspondances. Une correspondance au sens de l’idée et de la possibilité de reprendre des questions et des perspectives d’autres contributions pour les retourner ou les porter plus loin en direction de sa propre réalité ou les critiquer et les questionner. De cette manière peut potentiellement surgir un stimulus, une intensification de la perspective et une clarification des idées. Bien que ce soit un gros dé , parce que ça demande la participation active de différents compagnons. Peut-être que ceci précisément est fondamental pour l’internationalisme : les relations ne prennent pas simplement vie là où l’on se plait et se consomme l’un l’autre, et où l’on reste toujours séparé par les distances, non, mais plutôt là où l’on se stimule l’un l’autre – et où l’on se confronte au dé de se réunir pour avoir a aire l’un à l’autre, pour honnêtement et directement exprimer les vraies idées, propositions et critiques.

En ce sens, nous voulons nous confronter à la réalité des relations internationalistes et voir, par qui les contributions – donc de nouveaux textes ou des textes déjà publiés accompagnés d’une courte introduction – sont-elles envoyées, et avec qui il est possible de discuter au sujet de possibles contributions – et aussi d’interviews – au lieu de construire artificiellement une participation en publiant des articles d’autres publications ou d’internet. Et il est certain que de vraies relations semblent donc être une base plus fertile pour demander et approfondir des contributions à ce projet. Peut-être qu’approfondir quelque chose est un aspect important qui se perd à bien des égards dans le monde d’internet. Approfondir « Qu’est-ce qui se déroule en ce moment ? Où voulons- nous allez ? Et comment et de quelles façons ? » Des questions fondamentales qui devraient être à l’origine de chaque projet et relation affinitaire, et auxquelles on est confronté encore et encore. Et précisément par ce que ces questions sont quelque chose d’essentiellement individuel, y « répondre » ne peut venir de personne d’autre que de nous-mêmes. Ceux qui sont réellement sur place et impliqués dans les luttes savent probable- ment mieux décrire et analyser ce qui s’y passe et vers où ils veulent aller. Le rôle de ceux qui pensent pou- voir tout expliquer aux autres ou récupérer des luttes pour eux-mêmes ouvre la voie à l’idéologisation et à la délégation. Une relation ne peut pas se développer sur base de cadres préfabriqués d’explication et de perception préjugée, sur l’abstraction de réalités concrètes et l’objectivation d’individus, mais seulement là où tout le monde parle pour soi-même. Ceci est la base sur la- quelle nous imaginons ce projet et depuis laquelle nous appelons tout ceux qui se sentent en affinité avec ce projet à y contribuer.

La traduction, la lecture et la diffusion de différents textes, le voyage et la discussion, la réunion et en partie la réalisation de différentes entreprises sont toutes des choses que beaucoup de compagnons partagent et pratiquent dans un cadre international. Mais souvent, le niveau commun en reste à s’échanger des informations et des histoires, ce qui est inspirant et important mais ne peut pas vraiment rompre le sentiment de vivre dans deux mondes séparés. Une séparation qui ne saurait être rompue en feignant de mener un combat commun ensemble, tant que pour ce commun, ce que nous partageons d’analyses individuelles et de méthodes, de perspectives et d’imaginations n’est ni demandé ni recherché. Est-ce la proposition que l’on se fait l’un à l’autre, de simplement reproduire ce qu’on fait là où on est ? Ou bien est-il possible – sur base d’une correspondance et de la connaissance de contextes spécifiques qui en découle – de développer une proposition commune ? Non pas comme une construction figée mais comme un noyau d’analyses et d’affinités communes – comment serait-il dès lors possible de développer une vraie connexion entre différents projets de lutte ? Sans tomber dans l’illusion que nous serions alors tous sur la même longueur d’onde, que nous devrions être plus nombreux ou plus fort et plus puissant – non, le conflit asymétrique qui refuse toujours d’imiter le modèle et la méthode de la domination est à la base de notre anarchie. Mais plutôt parce que nous avons vraiment tous une boule sous nos pieds et les processus de pou- voir ne traversent pas seulement le cadre de pays isolés mais portent en eux-mêmes une projection intégrale et globale. De profonds changements dans l’infrastructure du pouvoir sont en train d’avoir lieu. Il a par exemple été possible en quelques mois de fermer les derniers interstices dans les frontières de l’Europe, les contrôlant avec l’aide de la police et de l’armée et d’installer un système transfrontalier de rapatriement, d’expulsion et de camps qui concentrent les migrants indésirables aux portes de l’Europe. D’autres processus également, qui – selon les endroits – se montrent spécifiquement mais se développent internationalement et presque sans perturbation, sont sur le point de transformer la réalité de nos contextes bien au-delà de la simple construction d’une nouvelle manifestation spécifique de la domination (regardons par exemple les projets dans le domaine des prochains approvisionnements en énergie, des nouvelles technologies et des « smart cities »). Mais puisque ces projets se développent de manière transfrontalière, ils nécessitent pour leur réalisation au-delà et au-dessus du cadre de frontières isolées les mêmes circonstances et infrastructures non perturbées, la même résignation sans imagination et le même manque d’initiative de la part des opprimés… Voici peut-être le terrain qui essaye de comprendre les réalités et les circonstances des changements en cours, et une base – en partant d’analyses spécifiques – pour trouver des éléments communs et voir comment la perte de contrôle à travers les frontières de la domination et la connexion des luttes peuvent s’accomplir.

Avec la tentative de faire circuler la rédaction de cette publication, nous sommes face à une tentative d’internationalisme pratique – une décentralisation et une expérience. Peut-être que cela peut aussi nous aider à découvrir ce que voudrait dire de nos jours développer une projectualité insurrectionnelle internationaliste.

Quelques anarchistes vivant quelque part en Allemagne

 

Sommaire  :

– Suède – Que le feu se propage
– Allemagne – Qui a peur du terrorisme ?
– France – Jamais en rang, jamais à genoux ! A bas toutes les armées !
– Pays-Bas – Entretien avec des anarchistes de Den Haag
– Débat & Commentaire – La reproductibilité de l’attaque et l’organisation informelle

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[La solidarité c’est l’attaque ! – Bruxelles] Notre vision de la fête – Petits gestes du quotiden

petits plaisirs du quotiden

Ca y est : c’est la fête.
Ca boit, ça fume, ça s’défonce pour oublier que cette année va ressembler à toutes les autres. Ou être encore pire.

Notre idée de la fête était un peu différente.

Lassées des fausses inténsités d’entre soi convenu, bien pensant et alcoolisé dans l’milieu, on a décidé d’aller faire la teuf comme on l’entendait.

Rapidement ca dérape. Faut se rendre à l’évidence on sait pas se tenir.

Flash d’un instant, je réouvre les yeux et je respire fort sous ma cagoule, je me force a inspirer par le nez et expirer par la bouche. Je suis totalment dans le moment présent et rien d’autre ne semble avoir d’importance.

Gerer son stress. Je vérifie pour la 14ème fois que j’ai mon briquet. ya un giro qui passe pas si loin, contact physique avec les potos. comme une envie d’se battre avec toute cette résignation. Allez c’est tipar, on fonce. Dans ma tête ya des chants de voyous qui résonnent.

ça pose des allumes feu sous les roues, ça tchek les alentours, ça fout le feu, ça coure, ca crame dejà bien, ça rigole pas encore, trop tendu.

plus tard, ça s’détend un peu, ça rit, ça s’caresse. en vitesse. furtif;
c’est des moments volés.

Des moments de vies. Biensur qu’on crame des caisses. Et pas que le jour de l’an pour tout dire.
Biensur qu’on fait ca sans revendication.
Biensur qu’on a l’indécence d’être encore vivant.
C’est des choix qu’on répete inlassablement, mais on attends rien.
On croit pas que ça va aller mieux et que les gens vont se révolter, ou qu’on peut révolutionner cette société.
On a pas le temps de distribuer des foutus tracts, des affiches, de persuader, d’inviter de convaincre, d’enroler, de séduire.
On a l’impatience fiché au corps et on refuse ce jeu.

Nous trouvons notre liberté dans l’attaque, pas dans l’attente des lendemains meilleurs ou des hypotétiques conditions réunies ou des perspectives et projectualités insurectionnelles.

Dans une absence totale de retenue nous avons incendié une voiture de sécurité, une appartenant a la société « vinci » et une a la société bam (et bam ! ca sonne comme une invit’,non?) constructeur de taules Belges.

Outre la joie que ca nous a procuré nous voulions envoyer un petit message aux compas incarcéré.

Que ce soit aux compas de l’internationale noire, aux impatientes, aux rageux, a celleux qui attendent pas que ça pète pour se lancer, a toutes celleux qui conspirent et au compa damien arretté récemment pour de la casse (vive le van,vive le van,vive le vandalisme).

On se revoit bientot.

Scandaleusement votre
Des cramées.

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[Publié sur Indymedia Nantes et Indymedia Bruxelles, le 2 janvier 2017]

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[Fresnes – Fleury] Salut solidaire

Pas de prison sans feux (d’artifices)

coucou

samedi 31 décembre minuit, fresnes, fleury.

à plusieur.e.s on est allé faire du bruit autour de ces sales* taules. avec des slogans : « Anto, Damien, Kara, Nico et tou.te.s les prisonnièr.e.s, LIBERTE », « flics, matons, assassins », « à la 1ere, à la 2eme, à la 3eme voiture brulée, on aime tou.te.s les grillades de condé », « crève la justice, crève la taule », « libertad », des pétards et des feux d’artifices qui vont haut. On a entendu des gens à l’intérieur, on pense qu’on a été entendu.e.s de dedans et que des gentes ont profité du spectacle.

on pense à vous. courage.

*sales parce que ça pue la mort l’enfermement et que tous ceux qui y participent: juges, matons, flics, procureurs, constructeurs de taule, psychiatres… la liste est longue, sont des ordures! qu’on les compacte.

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[Publié sur Indymedia Nantes, le 2 janvier 2017]

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Des feux d’artifice pour les enfermé.es de Toulouse

Dans la nuit du 31 décembre 2016 au 1er janvier 2017, nous avons voulu partager quelques feux d’artifice avec les enfermé.es de Toulouse.

Une première équipe a tenté de mettre un peu de lumière dans la nuit des personnes sans papiers du CRA de Cornebarrieu : quelques fusées ont été tirées depuis la colline.

Une deuxième équipe a été rendre visite aux enfermé.es de Seysses, qui ont répondu en faisant trembler les murs de leur taule au bruit des premières détonations.

Une troisième équipe s’est rendue à l’hôpital Marchant exprimer sa solidarité avec les psychiatrisé.es de l’UHSA (unité hospitalière spécialement aménagée).

Pour nous, l’année ne sera bonne que lorsque tou.tes les enfermé.es seront dehors et que toutes les taules seront en feu !

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[Publié sur iaata.info, le 1er janvier 2017]

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[Besançon] Feux contre la taule et le monde qui en a besoin

Peu de temps avant le passage à la nouvelle année, une dizaine de personnes s’est donné rendez-vous derrière la prison de la Butte à Besançon pour manifester leur dégoût de cette société carcérale.

Pendant que des slogans fusaient (« pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons ; crève la taule ; les prisons en feu, les matons au milieu… »), des feux d’artifice et tirs de mortier ont été tirés par-dessus les murs et les barbelés de la taule. Sur un mur de la caserne située en face des cellules de la prison, l’inscription « TOUT LE MONDE DEHORS (A) » a été tracée en grosses lettres noires. Au moment du bouquet final, les prisonniers ont fait un joyeux bordel en tambourinant sur leur porte de cellule, ce qui, on l’espère, a provoqué un peu de stress ou d’énervement chez ces sadiques de matons.

Cette action de solidarité, même si elle n’a duré qu’une demi-heure, visait à redonner un peu de force et de courage à toutes les personnes enfermées qui affrontent l’isolement, les humiliations et violences de l’univers carcéral.

Pour une nouvelle année 2017 riche en révoltes, dedans comme dehors !

Pour un monde sans prisons ni matons !

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[Publié sur Indymedia Nantes, le 1er janvier 2017]

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[La solidarité c’est l’attaque ! – Bruxelles] Et Bim !

attaque de solidarité avec le compas Damien

bruxelles la glaciale:

hier soir j’me balladais innocement cache col ras les yeux et brise vitre dans la poche quand j’ai croisé cette voiture d’agents de sécu qui zonait esseulée. apres avoir tendu le majeur a la caméra au dessus de moi et j’ai fracasser les vitres de la caisse.

trop de sécu,trop de keuf,trop de maton.

une petite pensée pour toi quand ca casse damien.

HIT and RUN

P.S: comme j’m’étais chauffé, sur le chemin du retour j’ai aussi débourré des jc decaux qui se la ramenaient un peu trop (dans le genre bling bling de noel t’as vu)

kassdedi a toutes celleux qui attendent pas.

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[Publié sur Indymedia Nantes, le 31 décembre 2016]

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